Poursuivi, l'enfant tombe du quatrième étage
Sans-papiers . à Amiens, hier, un garçon de douze ans a voulu suivre son père qui tentait de fuir la police. « Son pronostic vital est engagé », souligne le procureur.
Ivan, un enfant de douze ans, a chuté, hier, du quatrième étage d'un immeuble tandis qu'il tentait de fuir avec son père sans papiers, André Dembski, trente-trois ans, les forces de l'ordre qui s'apprêtaient à les interpeller.Selon un communiqué de Patrick Beau, procureur de la République près le tribunal de grande instance d'Amiens, à 7 h 45, « des policiers de l'unité administrative se sont présentés au domicile, accompagnés d'un interprète en langue russe. Ils ont frappé à la porte à plusieurs reprises et tenté de parler aux occupants en déclinant leur identité pour leur demander d'ouvrir. En absence de réponse de leur part, il a été décidé de faire appel à un serrurier qui est arrivé sur place vers 8 h 20 ».
fracture du crâne
Tandis que ce dernier s'affairait sur la porte, le père aurait d'abord sauté par une fenêtre du quatrième étage et commencé ensuite à s'enfuir en courant. Son fils a voulu le suivre. Selon un témoin, il serait « passé par-dessus la rambarde d'un balcon et puis d'un coup a tout lâché et est tombé ». L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) s'est vu confier, hier, une enquête afin de connaître les conditions d'intervention des policiers, les gestes de chacun des membres de la famille au moment des faits et également les raisons qui ont poussé l'enfant à suivre son père le long de la façade.
Les pompiers ont transporté le jeune adolescent au CHU d'Amiens « dans un état grave ». Ivan souffre d'une grave fracture du crâne avec un oedème et est plongé dans un coma artificiel. « Son pronostic vital est engagé », a souligné le procureur. Les parents d'Ivan ont été autorisés à rester au chevet de leur enfant.
La famille Dembski avait à plusieurs reprises effectué sans succès des demandes d'asile politique et de titre de séjour, depuis février 2005. « Il y a trois jours, ils avaient été convoqués à la gendarmerie mais ne s'y sont pas rendus, à juste titre selon moi », a déclaré hier Richard Moyon, porte-parole de Réseau Éducation sans frontières (RESF). Selon le procureur, la famille avait épuisé ses voies de recours et se trouvait en séjour irrégulier. Une enquête préliminaire avait donc été diligentée.
Sylvette Chevalier, membre du RESF à Amiens, qui a rencontré hier un représentant du préfet, dénonce « les grosses ficelles » employées pour expulser les trois personnes. « Madame Aboueva, la mère d'Ivan, déclare être d'origine tchétchène, monsieur Dembski d'origine ukrainienne. Mais l'Office français de protection des réfugiés et apatrides
(OFPRA) affirme qu'ils sont russes et qu'il est, dès lors, sans risque de les renvoyer chez eux. Monsieur Dembski était pourtant gravement menacé à Groznyï, où il était venu travailler, pour avoir refusé d'intégrer l'armée. » La mère de sa femme avait, elle, été assassinée. « D'autres familles menacées dans la région nous disent qu'elles préfèrent mourir tranquillement en France plutôt que d'être tuées de manière atroce dans leur pays », ajoute Sylvette Chevalier.
Brice Hortefeux a décidé samedi d'accorder une autorisation de séjour de six mois aux parents de l'enfant de 12 ans grièvement blessé jeudi, lors d'une chute à Amiens (Somme) en tentant de fuir la police.
Ce document sera délivré "à titre humanitaire pour permettre aux parents d'Ivan de séjourner légalement en France à ses côtés alors qu'il reste hospitalisé", précise le ministre de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale.
6 mois,c'est trop Mr Hortefeux... Mais dites moi: êtes vous sûr que ça ne risque pas d'entacher notre identitée national ?
Merci à tout ceux qui ont voté Sarko...